Salât Istikhâra : quand, comment et pourquoi faire la prière de consultation

Salât Istikhâra : la prière de consultation détaillée

Comment faire la prière de consultation, réciter son invocation en arabe et comprendre ce qu’il faut réellement attendre après ?

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La salât al-istikhâra, appelée aussi « prière de consultation », est la prière que le Prophète ﷺ nous a enseignée pour demander à Allah de nous guider vers ce qui est le meilleur. Tu envisages un mariage, la création d’une entreprise, un déménagement ou un changement professionnel ? Tu hésites entre plusieurs possibilités et tu ne sais pas laquelle sera la meilleure pour toi ?

Jâbir ibn ‘Abd Allâh رضي الله عنهما rapporte que le Prophète ﷺ enseignait l’istikhâra à ses Compagnons comme il leur enseignait une sourate du Coran.1 Cette prière ne permet pas de prédire l’avenir ni de découvrir ce que les autres pensent. Elle consiste à demander à Allah de faciliter une affaire si elle est un bien pour nous, et de nous en détourner si elle est un mal. Découvrons comment l’accomplir selon la Sunna, dans quelles situations elle est recommandée et comment comprendre les enseignements de son invocation.

Sommaire de l’article
  1. Comment la faire
  2. La dou‘a en arabe et en français
  3. Quand la faire
  4. Pourquoi la faire
  5. Quel signe attendre
  6. Questions fréquentes
  7. Conclusion
  8. Annexes : fils ou fille
  9. Sources et références
  10. Apprendre à lire l’arabe

Comment faire la salât al-istikhâra ?

La salât al-istikhâra est une prière surérogatoire recommandée par la Sunna. Elle n’est pas obligatoire.2 Le Prophète ﷺ a enseigné de prier deux rak‘ât en dehors des prières obligatoires, puis de prononcer l’invocation de l’istikhâra.1

Étape 1 — Identifie l’affaire que tu envisages

Avant de prier, détermine le projet ou la décision pour lequel tu souhaites demander à Allah de choisir ce qui est meilleur. Il peut s’agir d’accepter un travail, d’entreprendre un voyage ou de réaliser un investissement.

Tu n’as pas besoin d’avoir pris une décision définitive. En revanche, il doit s’agir d’une affaire précise que tu envisages sérieusement, et non d’une simple pensée passagère.

Étape 2 — Prépare-toi à prier

Accomplis tes ablutions comme pour une prière habituelle. Formule ensuite dans ton cœur l’intention d’accomplir deux rak‘ât pour l’istikhâra. Il n’est pas nécessaire de prononcer cette intention à voix haute.

Les deux rak‘ât sont-elles obligatoires ? Non, car l’istikhâra elle-même est recommandée et non obligatoire. En revanche, les deux rak‘ât font partie de la forme de cette prière enseignée par le Prophète ﷺ.1

Et si tu es empêché de prier ? Certains savants, notamment An-Nawawî et Ibn Bâz, autorisent à réciter la dou‘a de l’istikhâra sans les deux rak‘ât lorsque la personne ne peut pas prier, notamment pendant les menstruations. Ibn Bâz mentionne également le cas d’une affaire urgente.3 Il s’agit d’une permission expliquée par les savants, et non d’une exception expressément mentionnée dans le hadith de Jâbir.

Étape 3 — Accomplis deux rak‘ât surérogatoires

Prie deux unités de prière en dehors des prières obligatoires. Dans chaque rak‘a, récite la sourate Al-Fâtiha, puis une autre sourate ou des versets du Coran.

Faut-il réciter des sourates particulières ? Le hadith authentique de Jâbir n’impose aucune sourate précise. Certains juristes recommandent Al-Kâfirûn dans la première rak‘a et Al-Ikhlâs dans la seconde. D’autres ne retiennent aucune récitation particulière.4 Tu peux donc réciter ce que tu connais du Coran.

Étape 4 — Prononce la dou‘a de l’istikhâra

Une fois tes deux rak‘ât terminées, récite l’invocation enseignée par le Prophète ﷺ. La majorité des savants recommandent de la prononcer après le salâm qui clôt la prière. Ibn Bâz, Ibn ‘Uthaymîn et la Commission permanente de la fatwa retiennent cet avis. Ibn Taymiyya autorise également son accomplissement avant le salâm.5

Lever les mains pendant cette invocation est permis selon des savants, mais le hadith de Jâbir n’en fait pas une condition particulière de l’istikhâra.

Étape 5 — Mentionne l’affaire concernée

Dans la dou‘a, tu trouveras l’expression هَذَا الْأَمْرَ (« cette affaire »). C’est à cet endroit que tu identifies le projet pour lequel tu fais l’istikhâra. Par exemple : « accepter ce travail », « créer cette entreprise » ou « m’installer dans cette ville ».

Le Prophète ﷺ a indiqué que la personne doit mentionner son affaire.1 Les commentaires juridiques rapportent également la possibilité de garder cette affaire clairement présente à l’esprit pendant l’invocation.4

Comment faire la salât al-istikhâra ?

La dou‘a de l’istikhâra en arabe et en français

Le Prophète ﷺ a enseigné cette invocation à ses Compagnons.1
Touche un mot arabe de l’encadré pour découvrir sa traduction en français. Chaque mot de la dou‘a est sélectionnable. Sa traduction apparaît avec, lorsque c’est nécessaire, une explication des particules ou des pronoms qui le composent.

L’invocation en arabe

La dou‘a de l’istikhâra

Hadith · Sahîh al-Bukhârî, n° 1166

Touche un mot arabe pour lire sa traduction.





Traduction du sens

Ô Allah, je Te demande de choisir pour moi par Ta science, je Te demande de m’accorder la capacité par Ta puissance, et je Te demande de Ta grâce immense. Car Tu es capable et je ne le suis pas, Tu sais et je ne sais pas, et Tu es Celui qui connaît parfaitement l’invisible. Ô Allah, si Tu sais que cette affaire est un bien pour moi dans ma religion, ma vie et l’issue de mon affaire, alors décrète-la pour moi, facilite-la-moi, puis bénis-la pour moi. Et si Tu sais que cette affaire est un mal pour moi dans ma religion, ma vie et l’issue de mon affaire, alors écarte-la de moi et détourne-moi d’elle. Décrète pour moi le bien où qu’il soit, puis rends-moi satisfait de ce bien.

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Source : Sahîh al-Bukhârî, n° 1166. Formulation avec facilitation et bénédiction.
Traduction du sens de la version rapportée dans Sahîh al-Bukhârî, n° 1166.

À quel endroit mentionner ton projet ? Lorsque tu prononces هَذَا الْأَمْرَ (« cette affaire »), mentionne le projet que tu envisages, oralement ou en le gardant présent à l’esprit selon l’avis juridique retenu.

Comprendre la dou‘a en quatre temps

1. Reconnaître la science et la puissance d’Allah
Tu commences en reconnaissant qu’Allah connaît ce qui t’échappe et qu’Il possède une puissance que tu ne possèdes pas. Tu reconnais ainsi les limites de ta connaissance et de tes capacités.

2. Demander à Allah de faciliter ce qui est bon
Tu demandes à Allah de décréter l’affaire si elle est un bien, de la faciliter et de la bénir.

3. Lui demander de t’écarter de ce qui est mauvais
Tu demandes à Allah d’éloigner l’affaire si elle est nuisible, mais aussi de détourner ton cœur de cette affaire.

4. Lui demander de te rendre satisfait
Tu demandes à Allah de te rendre satisfait du bien qu’Il aura décrété, même si l’issue est différente de ce que tu espérais.

Ces quatre parties constituent une explication pédagogique de l’invocation, et non quatre dou‘as distinctes rapportées du Prophète ﷺ.

doua salat istikhara pour la prière de consultation

Quand faire la salât al-istikhâra ?

Faut-il avoir déjà pris une décision ?

Non. Le Prophète ﷺ emploie l’expression إِذَا هَمَّ أَحَدُكُمْ بِالْأَمْرِ : « Lorsque l’un de vous envisage une affaire… »1 Il faut donc avoir une affaire que l’on envisage réellement, sans être obligé d’avoir déjà pris une décision définitive.

Certains savants recommandent même d’accomplir l’istikhâra avant que le cœur soit trop fortement attaché à une option, pour ne pas chercher uniquement la confirmation de ce que l’on désire.4

Envisager une affaire n’est pas la même chose que l’avoir définitivement décidée. L’istikhâra intervient dans cette période où tu réfléchis encore à ton projet et où tu demandes à Allah ce qui est meilleur pour toi.

Pour quelles affaires peut-on faire l’istikhâra ?

L’istikhâra concerne principalement les affaires permises pour lesquelles il existe un choix réel. Elle peut porter sur des décisions importantes, comme un mariage ou un déménagement, mais aussi sur des décisions moins importantes en apparence. Les juristes expliquent également qu’elle peut concerner les circonstances de certains actes obligatoires ou la priorité entre plusieurs actes recommandés.

Attention, on ne fait pas l’istikhâra pour décider de commettre un interdit ou d’abandonner une obligation.4 Par exemple, on ne demande pas par l’istikhâra s’il faut accomplir une prière obligatoire. En revanche, on peut demander à Allah de nous guider concernant certaines modalités pratiques d’un projet licite.

Lorsqu’on ignore si un acte est permis ou interdit, il convient d’abord de se renseigner auprès d’une personne compétente en sciences religieuses.

À quel moment de la journée ?

Le hadith ne fixe pas d’heure particulière. Cependant, puisque l’istikhâra comprend deux rak‘ât surérogatoires, il faut tenir compte des périodes pendant lesquelles certaines prières volontaires sont interdites. Les savants divergent sur les prières accomplies pour une cause particulière durant ces périodes. Certains admettent une exception pour une affaire urgente qui ne peut pas attendre. Si ton projet n’est pas urgent, choisis simplement un moment où les prières surérogatoires sont permises.4 

Quelques exemples pour mieux comprendre

Exemple 1 — Tu envisages de créer une entreprise

Tu souhaites créer une entreprise. Tu as étudié le projet, évalué tes moyens financiers et réfléchi aux risques. L’idée te plaît, mais tu ne sais pas si elle sera réellement bénéfique pour toi.

Tu peux accomplir l’istikhâra en mentionnant la création de cette entreprise. Tu demandes à Allah de te faciliter ce projet s’il est un bien pour toi, ou de t’en détourner s’il est un mal. Tu n’as pas besoin d’avoir décidé définitivement de créer cette entreprise. Tu dois simplement envisager sérieusement sa création.

Exemple 2 — Tu hésites entre deux formations

Tu souhaites te former, mais tu hésites entre une formation en anglais et une formation en développement web. Faut-il accomplir une istikhâra pour chaque possibilité ?

Les savants expliquent qu’il est recommandé de commencer par examiner les différentes options et de consulter des personnes compétentes. Tu peux ensuite retenir une possibilité que tu envisages sérieusement et faire l’istikhâra à son sujet. Certains savants autorisent aussi à accomplir une istikhâra distincte pour chacune des possibilités.6 La prière ne remplace donc pas la comparaison des formations : elle accompagne ta réflexion.

Exemple 3 — Tu hésites entre deux pays

Tu envisages de t’installer à l’étranger et tu hésites entre le Maroc et l’Égypte. Tu peux examiner les conditions de vie, les possibilités professionnelles, les besoins de ta famille et les aspects religieux qui comptent pour toi. Après cette réflexion, tu peux faire l’istikhâra pour ton installation dans l’un des pays. Tu peux également faire une autre istikhâra concernant la seconde destination.

Des savants autorisent à réunir plusieurs affaires dans une même invocation, tout en considérant préférable de consacrer une prière à chacune.7 Il faut toutefois distinguer la dou‘a authentique de l’istikhâra d’une invocation libre dans laquelle on demanderait simplement à Allah de nous guider vers le meilleur pays. Une invocation personnelle est permise, mais elle ne doit pas être présentée comme une formule prophétique spécifique.

Exemple 4 — Tu crains les conséquences d’une décision

On te propose de devenir associé dans une entreprise. Le projet est licite et semble prometteur, mais tu as observé certains comportements chez ton futur associé qui te font douter de sa fiabilité. Tu hésites à accepter.

Tu peux accomplir l’istikhâra concernant cette association, car il s’agit d’une affaire permise dont tu ignores les conséquences. Mais la prière de consultation ne remplace pas la prudence. Avant de t’engager, examine les documents, vérifie les informations disponibles et demande conseil à des personnes compétentes.

Si tu découvres que l’association nécessite de participer à une fraude ou à une activité interdite, tu n’as pas à faire l’istikhâra pour savoir si tu dois accepter cet acte illicite. La prière de consultation n’autorise pas ce qu’Allah a interdit.

L’istikhâra et l’istichâra : deux démarches complémentaires

L’istikhâra consiste à demander à Allah de nous choisir ce qui est meilleur. L’istichâra consiste à consulter d’autres personnes afin de bénéficier de leur expérience et de leurs connaissances. Allah dit :

« Et consulte-les à propos des affaires ; puis, lorsque tu t’es décidé, place ta confiance en Allah. »

Sourate Âl ‘Imrân, verset 159.8

An-Nawawî recommande de consulter une personne sincère, digne de confiance et expérimentée lorsqu’on envisage une décision.4 L’istikhâra et la consultation sont donc complémentaires : on utilise les moyens à notre disposition tout en plaçant notre confiance en Allah.

Pourquoi faire la salât al-istikhâra ?

Parce que notre connaissance est limitée

Dans la dou‘a, nous reconnaissons : فَإِنَّكَ تَقْدِرُ وَلَا أَقْدِرُ، وَتَعْلَمُ وَلَا أَعْلَمُ « Car Tu es capable et je ne le suis pas. Tu sais et je ne sais pas. » Nous pouvons réfléchir, nous informer et examiner les conséquences possibles d’une décision, mais nous ne connaissons pas l’avenir. Allah dit :

« Il se peut que vous détestiez une chose alors qu’elle est un bien pour vous, et il se peut que vous aimiez une chose alors qu’elle est un mal pour vous. Allah sait, tandis que vous ne savez pas. »

Sourate Al-Baqara, verset 216.9

Ce verset concerne initialement le combat prescrit, mais il rappelle également que notre connaissance du bien et du mal qui peuvent résulter d’une situation est limitée.

Parce que nous avons besoin d’Allah

Dans l’invocation, nous reconnaissons qu’Allah possède la science et la puissance. L’istikhâra est une façon de reconnaître notre dépendance envers Lui. Ibn Abî Jamra explique que la prière précédant l’invocation permet au croyant de se tourner vers Allah en Le glorifiant, en Le louant et en reconnaissant son besoin de Lui.4

Parce que nous ne demandons pas seulement ce que nous désirons

Il arrive que nous soyons très attachés à un projet. Nous pouvons souhaiter un mariage, un travail ou une maison sans savoir si ce choix nous sera bénéfique. La prière de consultation nous apprend à ne pas demander simplement à Allah de réaliser nos désirs. Nous Lui demandons ce qui est meilleur pour notre religion, notre vie et les conséquences de nos affaires.

Parce que nous demandons également à être satisfaits

L’invocation se termine par une demande de satisfaction. Nous demandons à Allah de nous rendre satisfaits du bien qu’Il nous aura destiné, même si ce bien prend une forme différente de celle que nous avions imaginée.

Quel signe attendre après l’istikhâra ?

Une question revient souvent : comment savoir si Allah nous a répondu ? Certaines personnes pensent qu’après la prière, elles doivent obligatoirement faire un rêve, ressentir un apaisement particulier ou observer un signe. Pourtant, le hadith authentique de Jâbir ne mentionne aucune de ces manifestations comme une condition de l’istikhâra.1

Faut-il attendre un rêve ?

Non. Aucun hadith authentique n’établit qu’un rêve est nécessaire après l’istikhâra. Le Prophète ﷺ a enseigné que les rêves peuvent avoir différentes origines : une bonne annonce venant d’Allah, un rêve qui attriste venant de Satan ou les préoccupations de la personne elle-même.10 Il ne faut donc pas considérer automatiquement un rêve comme une réponse définitive à sa prière.

Et si mon cœur s’apaise ?

Certains savants évoquent l’apaisement du cœur comme un élément pouvant aider à s’orienter. Cependant, ce sentiment n’est pas présenté dans le hadith de Jâbir comme une condition de l’istikhâra.11 L’absence d’apaisement immédiat ne signifie donc pas que ta prière est invalide.

Et si les choses deviennent difficiles ?

Dans la dou‘a, tu demandes à Allah d’écarter une affaire si elle est mauvaise pour toi. Une affaire peut donc ne pas se concrétiser. Mais cela ne signifie pas que chaque obstacle rencontré est nécessairement un signe qu’il faut renoncer. De même, la facilité apparente d’un projet ne garantit pas qu’il sera bon pour toi. Il convient de continuer à examiner les circonstances, à demander conseil et à agir avec discernement.

Peut-on répéter l’istikhâra ?

Oui. Certains savants recommandent de renouveler l’istikhâra lorsque l’hésitation persiste. En revanche, aucun nombre particulier de répétitions n’est établi comme obligatoire par un hadith authentique. Il n’est donc pas nécessaire de la faire précisément trois ou sept fois.11

Questions fréquentes

Peut-on faire l’istikhâra sans prier ?

Selon les explications d’An-Nawawî et d’Ibn Bâz, une personne empêchée de prier peut réciter la dou‘a seule. Ibn Bâz mentionne notamment les menstruations et les situations urgentes.3 La forme complète enseignée dans la Sunna demeure toutefois les deux rak‘ât suivies de l’invocation.

Peut-on lire la dou‘a sur son téléphone ?

Il est permis, selon des avis juridiques, de lire une invocation sur un support lorsqu’on ne la connaît pas encore par cœur. Tu peux donc utiliser un texte pour apprendre progressivement la dou‘a. L’important est de respecter ses paroles et de chercher à comprendre ce que tu demandes à Allah.

Peut-on faire l’istikhâra pour quelqu’un d’autre ?

Les savants ont divergé sur cette question. Ibn ‘Uthaymîn considère que l’istikhâra doit être accomplie personnellement par celui qui envisage l’affaire.12 D’autres juristes autorisent la prière de consultation pour autrui, notamment en la considérant comme une invocation en faveur d’une autre personne.13 Dans tous les cas, il est permis de demander à Allah le bien pour ses proches dans une invocation générale.

Peut-on faire l’istikhâra pour une décision concernant son enfant ?

Oui, lorsqu’un parent doit prendre lui-même une décision licite concernant son enfant, il peut faire l’istikhâra à propos de cette décision. Par exemple, une mère peut envisager d’inscrire son enfant dans un établissement scolaire précis. Elle peut accomplir la prière de consultation pour sa décision d’inscrire son enfant dans cet établissement, en conservant la formulation prophétique « si cette affaire est un bien pour moi ». L’affaire concernée est sa propre décision en tant que parent, même si les conséquences touchent directement son enfant.

Il faut distinguer cette situation de celle où une personne accomplit l’istikhâra à la place d’une autre, question sur laquelle les savants divergent. Certaines adaptations de la dou‘a pour un fils ou une fille sont présentées à la fin de cet article, avec les précautions nécessaires.

Conclusion — Confier ses décisions à Allah

Nous prenons chaque jour des décisions dont nous ne connaissons pas toutes les conséquences. La salât al-istikhâra nous apprend à reconnaître les limites de notre connaissance et à demander à Allah de nous guider vers ce qui est meilleur.

Elle ne remplace ni la réflexion, ni la prudence, ni les conseils de personnes compétentes. Elle nous enseigne à faire ce qui est à notre portée tout en reconnaissant que seul Allah connaît parfaitement les conséquences de nos choix.

Nous Lui demandons de faciliter ce qui est un bien, d’écarter ce qui est un mal et de nous rendre satisfaits du bien qu’Il décrète.

Annexes — L’invocation pour son fils ou sa fille

Attention : les deux invocations suivantes ne sont pas des formulations rapportées du Prophète ﷺ. Elles sont proposées en annexe, à part de la dou‘a authentique, et ne sont pas dans son enregistrement.

La dou‘a authentique de l’istikhâra est celle enseignée dans le hadith de Jâbir. Elle contient des expressions à la première personne telles que « pour moi », « de moi » et « détourne-moi ». Certains juristes autorisent à adapter ces pronoms lorsqu’une personne souhaite faire la prière de consultation pour autrui. Dans un avis hanafite, Salman Younas indique que l’on peut employer le nom de la personne concernée et remplacer les pronoms par ceux de la troisième personne.13 D’autres savants, notamment Ibn ‘Uthaymîn, considèrent que l’istikhâra ne peut pas être accomplie à la place d’une autre personne.12

Les formulations ci-dessous sont donc des adaptations grammaticales fondées sur un avis juridique qui n’est pas partagé par tous les savants. Elles ne doivent pas être attribuées au Prophète ﷺ.

Lorsque tu prends toi-même une décision pour ton enfant, la solution la plus prudente est de conserver la dou‘a prophétique dans sa forme originale, en mentionnant ta propre décision.

Adaptation 1 — Invocation pour mon fils

Invocation pour mon fils

Adaptation non rapportée du Prophète ﷺ — divergence entre savants

اللَّهُمَّ إِنِّي أَسْتَخِيرُكَ بِعِلْمِكَ، وَأَسْتَقْدِرُكَ بِقُدْرَتِكَ، وَأَسْأَلُكَ مِنْ فَضْلِكَ الْعَظِيمِ، فَإِنَّكَ تَقْدِرُ وَلَا أَقْدِرُ، وَتَعْلَمُ وَلَا أَعْلَمُ، وَأَنْتَ عَلَّامُ الْغُيُوبِ.

اللَّهُمَّ إِنْ كُنْتَ تَعْلَمُ أَنَّ هَذَا الْأَمْرَ خَيْرٌ لِابْنِي فِي دِينِهِ وَمَعَاشِهِ وَعَاقِبَةِ أَمْرِهِ، فَاقْدُرْهُ لَهُ وَيَسِّرْهُ لَهُ ثُمَّ بَارِكْ لَهُ فِيهِ.

وَإِنْ كُنْتَ تَعْلَمُ أَنَّ هَذَا الْأَمْرَ شَرٌّ لِابْنِي فِي دِينِهِ وَمَعَاشِهِ وَعَاقِبَةِ أَمْرِهِ، فَاصْرِفْ هَذَا الْأَمْرَ عَنِ ابْنِي، وَاصْرِفِ ابْنِي عَنْهُ، وَاقْدُرْ لَهُ الْخَيْرَ حَيْثُ كَانَ، ثُمَّ أَرْضِهِ بِهِ.

Traduction du sens

Ô Allah, je Te demande de choisir par Ta science, je Te demande de m’accorder la capacité par Ta puissance et je Te demande de Ta grâce immense. Car Tu es capable et je ne le suis pas, Tu sais et je ne sais pas, et Tu es Celui qui connaît parfaitement l’invisible. Ô Allah, si Tu sais que cette affaire est un bien pour mon fils, dans sa religion, sa vie et l’issue de son affaire, alors décrète-la pour lui, facilite-la-lui, puis bénis-la pour lui. Et si Tu sais que cette affaire est un mal pour mon fils dans sa religion, sa vie et l’issue de son affaire, alors écarte cette affaire de mon fils et détourne mon fils d’elle. Décrète pour lui le bien où qu’il soit, puis rends-le satisfait de ce bien.

Pourquoi avons-nous reformulé un passage ?

Dans la dou‘a originale, le Prophète ﷺ enseigne : فَاصْرِفْهُ عَنِّي وَاصْرِفْنِي عَنْهُ « Écarte-la de moi et détourne-moi d’elle. » Si l’on remplace simplement les pronoms de la première personne par ceux de la troisième personne masculine, on obtient : فَاصْرِفْهُ عَنْهُ وَاصْرِفْهُ عَنْهُ

Cette formulation peut être comprise dans son contexte, mais la succession des mêmes pronoms crée une ambiguïté entre le fils et l’affaire, puisque les deux sont masculins en arabe. Nous avons donc choisi d’expliciter les deux noms dans l’adaptation : فَاصْرِفْ هَذَا الْأَمْرَ عَنِ ابْنِي، وَاصْرِفِ ابْنِي عَنْهُ « Écarte cette affaire de mon fils et détourne mon fils d’elle. »

Cette reformulation vise uniquement à clarifier le sens. Elle s’éloigne davantage encore de la formulation prophétique et ne doit pas être présentée comme une invocation transmise dans un hadith.

Adaptation 2 — Invocation pour ma fille

Invocation pour ma fille

Adaptation non rapportée du Prophète ﷺ — divergence entre savants

اللَّهُمَّ إِنِّي أَسْتَخِيرُكَ بِعِلْمِكَ، وَأَسْتَقْدِرُكَ بِقُدْرَتِكَ، وَأَسْأَلُكَ مِنْ فَضْلِكَ الْعَظِيمِ، فَإِنَّكَ تَقْدِرُ وَلَا أَقْدِرُ، وَتَعْلَمُ وَلَا أَعْلَمُ، وَأَنْتَ عَلَّامُ الْغُيُوبِ.

اللَّهُمَّ إِنْ كُنْتَ تَعْلَمُ أَنَّ هَذَا الْأَمْرَ خَيْرٌ لِابْنَتِي فِي دِينِهَا وَمَعَاشِهَا وَعَاقِبَةِ أَمْرِهَا، فَاقْدُرْهُ لَهَا وَيَسِّرْهُ لَهَا ثُمَّ بَارِكْ لَهَا فِيهِ.

وَإِنْ كُنْتَ تَعْلَمُ أَنَّ هَذَا الْأَمْرَ شَرٌّ لِابْنَتِي فِي دِينِهَا وَمَعَاشِهَا وَعَاقِبَةِ أَمْرِهَا، فَاصْرِفْهُ عَنْهَا وَاصْرِفْهَا عَنْهُ، وَاقْدُرْ لَهَا الْخَيْرَ حَيْثُ كَانَ، ثُمَّ أَرْضِهَا بِهِ.

Traduction du sens

Ô Allah, je Te demande de choisir par Ta science, je Te demande de m’accorder la capacité par Ta puissance et je Te demande de Ta grâce immense. Car Tu es capable et je ne le suis pas, Tu sais et je ne sais pas, et Tu es Celui qui connaît parfaitement l’invisible. Ô Allah, si Tu sais que cette affaire est un bien pour ma fille, dans sa religion, sa vie et l’issue de son affaire, alors décrète-la pour elle, facilite-la-lui, puis bénis-la pour elle. Et si Tu sais que cette affaire est un mal pour ma fille, dans sa religion, sa vie et l’issue de son affaire, alors écarte-la d’elle et détourne-la de cette affaire. Décrète pour elle le bien où qu’il soit, puis rends-la satisfaite de ce bien.

Ce qu’il faut retenir sur ces adaptations

La dou‘a authentique de l’istikhâra est celle rapportée dans le hadith de Jâbir. Les deux formulations présentées ici sont des adaptations linguistiques possibles selon certains avis juridiques. Elles ne possèdent pas le statut d’invocations prophétiques authentifiées.

Un parent qui prend une décision pour son enfant peut conserver la dou‘a authentique avec ses pronoms d’origine, en mentionnant la décision qu’il envisage. Il est également toujours possible d’adresser à Allah une invocation générale demandant le bien, la protection et la guidance pour son enfant.

Sources et références

Hadiths authentiques

Explications juridiques et avis de savants

Versets du Coran

Les traductions françaises des versets et des hadiths sont des traductions du sens. Les explications des savants sont attribuées à leurs auteurs lorsqu’elles ne proviennent pas directement du texte prophétique.

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